L'ingénu

Trappist-1

23 avr. 2017 /

Je suis sûr que tous ceux qui liront cet article auront eu vent de la nouvelle, celle-ci ayant fait la une des médias mondiaux: la découverte d’un système, à environs 40 années lumière de nous et composé de 7 planètes en orbite autour d’une naine ultra froide. Annoncée il y a environ deux mois par la Nasa, cette découverte a été faite par un groupe de chercheurs de l’Université de Liège, ayant à leur tête Michaël Gillon et Emmanuel Jehin. Voici dans les grandes lignes comment leurs recherches ont abouti.

Le projet Trappist

À la base de tout, Trappist (Anagramme pour: the TRAnsiting Planets and Planetesimals Small Telescope.) est en réalité un projet des départements d’astrophysique, de géophysique et d’océanographie en origine cosmologique et astrophysique de l’ULg. Financé par le FNRS et l’Université de Liège en grande partie, Trappist (qui deviendra par la suite Trappist-South) est au début un télescope situé au Chili voué à détecter et caractériser des planètes situées en dehors de notre système solaire. Par la suite (En 2010 exactement), les chercheurs se sont vu attribuer un second télescope, Trappist-North situé cette fois-ci au Maroc. Ceux-ci sont contrôlés depuis Liège, par connexion sécurisée, ce qui est assez impressionnant à voir en live. 

Concrètement, l’observation d’une planète relève de l’étude des rayons de lumière que celle-ci obstrue lorsqu’elle passe devant son soleil. De cela nous pouvons déduire le diamètre de la planète par rapport à l’astre ainsi que sa période de révolution. Une fois les caractéristiques de l’étoile connues, on peut aller plus loin dans l’étude des rayons lumineux émis par celle-ci et étant «filtrés» par l’atmosphère d’une planète. Effectivement, une fois le faisceau lumineux résultant passé dans un prisme, on peut analyser le type spectral de la planète et en déduire la présence ou non de certaines molécules. 

Une fois cela effectué, on peut estimer le diamètre de la planète ainsi que son demi-grand axe. 

L’idée de génie qu’à eu Michaël Gillon, n’est autre que d’arrêter d’observer des planètes ayant une énorme étoile, celle-ci brillant très fort, ce qui entachait la précision des mesures, au profit de plus petits astres. C’est comme ça qu’il s’est penché sur la naine ultra froide située au coeur de Trappist-1, ce qui remet en question la composition de base d’un système. Et si, en réalité, le système solaire était une exception au niveau de sa structure? Pour le moment, le matériel mis à la disposition de nos chercheurs leur a permis de faire bon nombre de suppositions quant à la composition de ces planètes, comme la présence d’oxygène, d’ozone, de vapeur d’eau et de méthane. D’ici quelques temps, on peut espérer qu’ils en sauront beaucoup plus, étant donné que la Nasa a déjà pour projet de mettre le télescope James-Webb sur le coup ainsi que bien d’autres observatoires.

Trappist-1 vs notre système solaire

Parmi les sept planètes de ce système, toutes sont de taille comparable à la Terre. Trois sont dans la zone habitable (déterminée par leur éloignement avec leur soleil) et pourraient abriter l’eau liquide en surface avec une atmosphère similaire à celle de la Terre. 

Cependant, les grandes différences entre notre système solaire et Trappist-1 réside dans leurs tailles respectives. Et oui, les planètes de Trappist-1 seraient 6 à 40 fois plus proche de leurs soleil que Mercure ne l’est du notre. Les périodes de révolutions de ces planètes sont donc beaucoup plus courtes que les nôtres, elles se situeraient entre 1,5 et 20 jours. Une autre caractéristique de ces 7 astres est que ceux-ci sont en rotation synchrone, c’est à dire qu’elles ne tournent pas sur elles-mêmes. Ainsi, un des hémisphères est en nuit permanente alors que l’autre est en jour permanent.

Speculoos

Suite à cette découverte, c’est le projet Speculoos (Anagramme pour: Search for habitable Planets Eclipsing Ultra-Cool Stars.) qui a pu voir le jour. Quatre télescopes d’un mètre de diamètre chacun mis à disposition de la même équipe de chercheurs que celle de Trappist, ayant pour but de détecter un maximum de systèmes similaires à Trappist-1. Ils se situeront eux aussi au Chili, mais cette fois-ci dans le périmètre de l’Observatoire austral européen de Paranal. L’un de ces quatre télescopes est en fonctionnement depuis peu, et les autres ne devraient pas tarder à le rejoindre. 

On peut donc envisager que dans un futur proche, nos chercheurs auront beaucoup plus de précisions sur les 7 exoplanètes composant Trappist-1.

Sommes-nous seuls ?

Malheureusement, on ne peut donc pas encore répondre à cette question scientifiquement. Cependant, notre université a prouvé que l’on arrêtait pas les recherches pour répondre à la question que l’homme se pose depuis toujours: «Somme nous les seul êtres intelligents de l’univers?». 

Ce véritable exploit qu’ont réalisé ces chercheurs prouve que les Belges sont bien dans la course scientifique, malgré les budgets restreints. N’oublions pas qu’ils n’ont encore exploré qu’une partie de notre galaxie, et qu’ils en existent bien d’autres au sain de notre univers, ce qui peut nous laisser envisager que nous ne somme pas les seuls petits veinards ! (Si le sujet vous passionne vraiment, n’hésitez pas à aller revoir la conférence: TRAPPIST-1 et SPECULOOS: Liège à la recherche de vie ailleurs dans l’Univers, disponible en vidéo sur la page Facebook de lULg.)

Commentaires

  • Pas de commentaires
L'ajout de commentaire est fermé.